rideau en lin.jpg

Pourquoi des confections en lin ?

Dans le domaine du textile d’ameublement, c’est à dire le textile que l’on dédie à la décoration d’intérieurs, le lin représente le naturel qui nous apaise et dont on aime s’entourer.

Rideaux, coussins, linge de lit, linge de table et linge d’office utilisent le lin pour son image de noblesse, sa simplicité intemporelle, son élégance, sa résistance, sa durabilité. On dit que des draps en lin favorisent un bon sommeil.

 

Le lin lavé valorise le « froissé »  en une matière cabossée, irrégulière, d’autant plus vivante et sensorielle ; il renouvelle l’aspect visuel et le toucher (il est vrai que les prélavages avec adoucissants, qui lui confère cette patine n'est pas le plus écologique qui soit mais bien maitrisé, il reste écologiquement plus intéressant que le coton.)

 

Enfin, le lin confère aux couleurs une vivacité et une profondeur exceptionnelles : on parle d’une bonne affinité tinctoriale pour apprécier le fait qu’avec peu de teinture, le lin absorbe très bien la couleur et la magnifie.

  • Parce que la France est le premier producteur de lin au monde (environ 80% de la production mondiale) et malgré la disparitions de ses filatures il y a vingt-cinq ans, aujourd’hui des projets de relocalisation sont annoncés.

  • Parce que le lin est un tissu écologique bien moins gourmand que le coton, le lin textile n’est pas difficile, sa culture demande en effet peu de ressources (pas gourmand en eau) et n’a pas besoin de recourir aux pesticides comme la culture du coton.

Le lin issu de l’agriculture biologique est aussi une excellente solution, même si à l’origine, la plante demande peu de pesticides.

 

La plante s’épanouit naturellement à la chaleur du soleil et à l’eau apportée par la pluie. Ce qui n’est là encore pas le cas du coton, qui demande beaucoup d’eau, et par extension, de gros travaux d’irrigation.

Inutile enfin de préciser que le coton se cultive principalement en Inde et en Chine, ce qui achève d’augmenter son empreinte

carbone…

Le lin sort de l’ombre pour révolutionner l’industrie textile en représentant une alternative durable. Une révolution qui a tous ses avantages : la plante est écologique, économique et principalement cultivée en France. À titre d’exemple, 1 hectare de lin retiendrait 3,7 tonnes de CO2 par an !

 

La plante s’épanouit particulièrement dans les zones tempérées proches de la mer ou de l’océan comme le nord de la France (Normandie, Hauts-de-France, Nord-Pas-de-Calais…) ou la Belgique.

Le lin, une des premières espèces cultivées par l’homme

 

Le lin serait l’une des premières espèces végétales cultivées de l’Histoire. Le premier tissage de ses fibres remonterait à 36 000 ans, bien avant l’apparition de l’agriculture. Une ébauche de textile en lin teinté aurait ainsi été retrouvée par des archéologues dans une grotte de Géorgie, datant du Mésolithique. Le lin prend déjà le dessus sur son concurrent le coton, exploité comme textile depuis “seulement” 3000 ans…

 

Pour aller plus loin, découvrez le lin, ses origines et son histoire, sans oublier son processus de fabrication, ses vertus et ses applications :

Lin textile de France

http://linfrance.com/la-culture-du-lin-dans-les-champs-en-5-etapes/

http://linfrance.com/le-lin-une-plante-pas-comme-les-autres/

Chez La mutine aux pieds nus, le lin Français est privilégié, je sélectionne parmi les éditeurs de tissus ceux qui font le plus d’efforts écologiques.

Aussi, j'exclus le lin fabriqué en Chine y compris celui cultivé en France puis envoyé en Chine pour se faire tisser.

Je contrôle la provenance de mes tissus, et pour plus de sécurité, je privilégie les pièces en lin certifié.

 

La certification Masters of Linen (lin & chanvre) par exemple, garantit que la plante n’a pas franchi les frontières de l’Europe, tout en interdisant les procédés d’irrigation et les OGM.

 

Le label  OEKOTEX, garantit l'implication écologique.

 

Pour l'instant, je travaille avec trois tisseurs ( Français et Belge) qui réunissent faible impact écologique et beauté du produit.

 

fabriction du lin
libeco-apperal-accessoires-2.jpg
plante-lin-textile-champs-france-fleurs.
rideau en voile de lin.jpg

Le lin

lin et chanvre bretagne.jpg
port de Roscoff commerce du lin.jpg

Le lin Breton, petit rappel : Une production historique perdue localement.

Pour rappel, le pays de Morlaix est, historiquement, une terre de culture du lin et de chanvre.

Ces plantes étaient cultivées pour leurs fibres, utilisées dans la fabrication des toiles. Leur transformation et leur commerce ont généré une activité économique importante jusqu’au milieu du XIXe. Les révolutions industrielles ont peu à peu éteint cet atout majeur du territoire.

La production, en France, se concentre essentiellement en Normandie. Ce serait dommage, si la demande est là et qu’une filière se crée, de devoir importer. Il y a du potentiel.

 

Quand le lin faisait la fortune de la Bretagne

On l'oublie souvent, mais la Bretagne possède une riche histoire industrielle. C'est notamment le cas pour le secteur textile, très implanté dans la péninsule entre le Moyen Âge et la Révolution. Une partie de la production était fabriquée en Bretagne centrale, entre Quintin, Loudéac et Pontivy, avant d'être exportée depuis Saint-Malo.

 

 

La mondialisation des échanges économiques n'est pas forcément une chose nouvelle et force est de constater que la Bretagne a pu en tirer profit à certaines époques.

Une partie du riche patrimoine breton témoigne d'ailleurs de la prospérité de la péninsule aux XVIIe et XVIIIe siècles, lorsque ses marchands exportaient des toiles dans le monde entier. Réputées pour leur solidité, ces dernières étaient généralement tissées avec du lin, parfois du chanvre ou un assemblage des deux. Chanvre et lin sont connus depuis la préhistoire, mais leur culture et l'utilisation de leurs fibres ont explosé à la fin du Moyen Âge. En effet, l'essor de la population européenne à partir du XIVe siècle, puis les Grandes Découvertes et le développement des échanges transocéaniques ont entraîné un accroissement des besoins en textile. Il en fallait pour l'habillement, la literie mais également pour emballer les marchandises et, surtout, tisser les voiles des navires.

Un contexte favorable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     Le port de Roscoff vue de Porsglase. Gravure de Nicolas Ozanne. Musée de Bretagne : 958.0009.82.


À partir du XVe siècle, la Bretagne devient l'un des principaux fournisseurs européens de toiles de chanvre et de lin.

La péninsule est alors assez densément peuplée. On y trouve donc une main-d’œuvre abondante pour la culture du lin et du chanvre, mais aussi pour le filage et le tissage. Le climat humide de la Bretagne est particulièrement favorable à la culture du lin et au traitement de ses fibres. Par ailleurs, à l'époque, les Bretons sont véritablement les rois des mers. Leurs navires sillonnent les ports européens où ils proposent leurs toiles (noyales, crées, olonnes et autres toiles bretagnes).

Elles y jouissent d'une bonne réputation. Le développement de l'industrie toilière va connaître un nouveau développement aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec une explosion de la demande dans les colonies espagnoles d'Amérique du Sud.

Le Trégor, le Centre-Bretagne et Saint-Malo vont singulièrement tirer profit de ce commerce.

Une industrie en lien avec son territoire

Le Trégor se spécialise dans la culture du lin, une activité délicate car tributaire des aléas climatiques et de la qualité des sols. Depuis la fin du XVIe siècle, le lin cultivé dans le Trégor et le Goëlo n'est pas issu d'une souche indigène, mais de graines achetées en Europe du Nord, en Hollande ou dans les Pays baltes. Au bout de trois ans, ces souches dégénéraient et il fallait en importer de nouvelles. Cette culture engendrait donc d'importants échanges internationaux.

Après le rouissage du lin, les paysans de la côte recevaient la visite des «linotiers», des petits commerçants qui achetaient de la filasse, revendue ensuite aux ateliers du Centre-Bretagne, principalement situés dans un triangle Quintin, Loudéac, Pontivy. Ces ateliers indépendants composaient un ensemble économique, la «manufacture des toiles bretagnes», pour laquelle travaillaient, au maximum de l'activité, près de 40.000 fileuses et 5.000 tisserands. De nombreux paysans de la zone s'étaient également spécialisés dans le blanchiment des toiles, comme au Quillio. Cette opération durait plusieurs mois et faisait beaucoup pour la qualité des toiles qui étaient ensuite conditionnées en balles, des paquets pouvant atteindre jusqu'à 100 kg. Ces balles étaient acheminées vers Saint-Malo qui, au milieu du XVIe siècle, devient le grand port d'embarquement des toiles bretonnes au détriment de Nantes.

Des toiles aux Amériques

Au XVIIe siècle, on s'arrache les toiles bretonnes dans la péninsule ibérique et, surtout, dans les colonies sud-américaines. Les bretanas, quintines et autres ponidivi sont utilisées pour confectionner d'agréables vêtements en lin. Des milliers de balles sont exportées, notamment vers Cadix, où les Bretons disposent de maisons de commerce et de réseaux déjà anciens.

Depuis le Moyen Âge, il existe, en effet, une colonie bretonne dans le port andalou de San Lucar de Barraméda.

En 1770, on compte à Cadix une centaine de maisons de commerce françaises, où les Bretons sont très représentés, notamment les audacieux armateurs malouins. Aussi lucratif qu'il soit, ce commerce était fragile.

Après 1770, l'Espagne relève ses tarifs douaniers, ce qui pénalise les toiles bretonnes devant faire face à la concurrence irlandaise ou silésienne (Pologne). La période d'instabilité ouverte par la Révolution française se révèle fort néfaste pour la manufacture des toiles bretagnes. Autre handicap, les négociants bretons ont préféré placer leurs fortunes et leurs bénéfices dans la pierre ou l'achat de terres. Faute de capitaux disponibles, la Bretagne, et particulièrement le centre de la péninsule, passe donc à côté de la révolution industrielle et de la mécanisation des industries textiles.

La production s'effondre rapidement et la manufacture des bretagnes disparaît vers 1840.

Le choc social et économique est énorme.

La région s'enfonce dans un marasme qui durera presqu'un siècle, avant que l'agriculture intensive et l'agroalimentaire ne génèrent un nouveau développement.

La Bretagne centrale est touchée par une véritable dépression collective, qui se traduit par une grave crise démographique. La région se vide de ses habitants.

 

Certaines communes possédaient ainsi plus d'habitants au début du XIXe siècle qu'aujourd'hui.

 

Tombée longtemps dans l'oubli, la formidable saga du lin en Bretagne laisse cependant un patrimoine civil et religieux remarquable, notamment en Centre-Bretagne où il est désormais mis en valeur.

Une initiative d'autant plus méritoire que, depuis quelques années, on redécouvre les vertus du lin, une plante bien moins polluante à cultiver que le coton et qui possède de nombreuses qualités, alimentaires notamment.

travail du lin.jpg

Trois femmes égrenant des pieds femelles de chanvre en frappant de petites bottes sur la broie de manière à récolter les graines. Photographie de Charles Géniaux. Musée de Bretagne : 2013.0008.28.

 

Tapissier  d'ameublement à Carnac, Tapissier à Auray, Tapissier à Vannes, Rideaux sur  mesures à Lorient, Rideaux sur mesures à Vannes